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Atomes tourmentés dans cet amas de boue,
Que la mort engloutit, et dont le sort se joue,
Mais atomes pensants, atomes dont les yeux,
Guidés par la pensée , ont mesuré les cieux;
Au sein de l'Infini nous élonçons notre être,
Sans pouvoir un moment, nous voir et nous connaître.
Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur,
Est plein d'infortunés qui parlent de bonheur.
Tout se plaint, tout gémit en cherchant le bien-etre:
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrai renaitre.
Quelques fois, dans nos jour consacrés aux douleurs,
Par la main du plaisir, nous essuyons nos pleurs;
Mais le plaisir s'envole, et passe comme une ombre;
Nos chagrins, nos regrets, nos pertes sont sans nombre.
Le passé n'est pour nous qu'un triste souvenir ;
Le présent est affreux, s'il n'est point d'avenir,
Si la nuit du tombeau détruit l'être qui pense.
Un jour tout sera bien, voilà notre espérance;
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance;
Je ne méléve point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois:
D'autres temps, d'autres moeurs: instruit par la vieillesse,
Des Humains égarés partageant la faiblesse,
Dans une épaisse nuit cherchantà m'éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife, autrefois, à son heure derniére,
Au Dieu qu'il adorait dit pour toute priére:
"Je t'apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n'as pas danston immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l'ignorance."
Mais il faut pouvoir ajouter
l'éspérance
Voltaire, Poéme sur le désastre de Lisbonne
Jeanne, je dois te dire que la lettre 1 est bien arrivée. Merci , je t'aime !